Le Plan d’Épargne Retraite fait beaucoup parler de lui depuis 2019. Mais entre les promesses marketing et la réalité, que faut-il vraiment savoir avant d’ouvrir un PER ?
Ce guide répond aux questions concrètes que se posent les 30-40 ans découvrant ce produit d’épargne retraite.
Qui peut ouvrir un PER ?
La règle générale est simple : toute personne majeure peut ouvrir un PER individuel. Depuis le 1er janvier 2024, il faut avoir au moins 18 ans pour souscrire.
Aucune condition de statut professionnel
Le PER individuel est accessible à tous, quelle que soit votre situation :
- Salariés du privé ou du public
- Chefs d’entreprise et dirigeants
- Travailleurs indépendants et freelances
- Professions libérales (médecins, avocats, architectes…)
- Demandeurs d’emploi
- Retraités
- Personnes sans activité professionnelle
Cette universalité distingue le PER des anciens dispositifs comme le PERP ou le contrat Madelin, qui étaient réservés à certaines catégories.
La question de l’âge limite
Bien que la loi n’impose pas d’âge maximum, les établissements financiers fixent souvent leurs propres limites :
Age limite courante : 68 à 75 ans selon les organismes
Plus vous vous rapprochez de la retraite, plus il devient difficile de souscrire. Les assureurs considèrent qu’un PER ouvert à 65 ans n’a plus vraiment de sens économique.
Cas particulier des retraités
Contrairement aux idées reçues, un retraité peut parfaitement ouvrir un PER. L’intérêt peut être double :
Déduction fiscale possible jusqu’à 4 399 € en 2024 si vous avez encore des revenus imposables.
Optimisation de la transmission à vos héritiers grâce à la fiscalité avantageuse de l’assurance-vie.
Est-il possible d’ouvrir plusieurs PER ?
Oui, la loi autorise expressément l’ouverture de plusieurs PER individuels. Vous pouvez même les répartir entre différents établissements.
Stratégies de diversification
Ouvrir plusieurs PER peut présenter des avantages :
Diversification des gestionnaires : Répartir le risque entre plusieurs établissements financiers.
Spécialisation par objectif : Un PER pour l’optimisation fiscale, un autre pour la performance.
Comparaison des offres : Tester différents contrats avant de concentrer vos versements.
Les limites à connaître
Attention cependant : les plafonds de déduction fiscale restent globaux, même si vous avez plusieurs PER. En 2024, vous ne pouvez pas dépasser 4 399 € de déduction, répartis sur l’ensemble de vos contrats.
Les frais se multiplient également : frais d’entrée, de gestion, de tenue de compte sur chaque contrat.
Est-ce intéressant d’ouvrir un PER ?
La réponse dépend entièrement de votre situation personnelle. Contrairement aux discours marketing, le PER n’est pas automatiquement avantageux pour tout le monde.
Le piège de la tranche marginale d’imposition
Premier point d’attention majeur : l’avantage fiscal n’est réel que si votre tranche d’imposition baisse à la retraite.
La tranche à 30% est particulièrement large. Beaucoup de contribuables pensent en sortir à la retraite mais y restent finalement. Dans ce cas, vous ne faites aucune économie d’impôt réelle.
Le risque du déblocage anticipé
Le PER permet de récupérer ses fonds avant la retraite pour acheter sa résidence principale. Cet argument commercial cache un piège fiscal.
Exemple concret : Vous êtes imposé à 30% et débloquez 60 000 € de votre PER. Cette somme peut vous faire basculer dans la tranche à 41%, annulant tous les bénéfices fiscaux antérieurs.
Pour qui le PER est-il vraiment intéressant ?
Le PER convient particulièrement à :
Les 50 ans et plus : La retraite devient un objectif prioritaire et l’épargne ne sera pas immobilisée trop longtemps.
Les professions libérales : Médecins, avocats, architectes qui savent qu’ils auront une retraite largement inférieure à leurs revenus actuels.
Les hauts revenus : Contribuables dans les tranches élevées (41% ou 45%) qui basculeront quasi-certainement dans une tranche inférieure à la retraite.
Quel est le prix d’ouverture d’un PER ?
Le coût d’un PER se décompose en plusieurs types de frais qu’il faut bien comprendre avant de souscrire.
Frais d’entrée ou de versement
- Courtiers en ligne : 0% (Linxea, Placement Direct)
- Banques traditionnelles : 2 à 5% des versements
- Mutuelles et assureurs : 1 à 3% selon les contrats
Frais de gestion annuels
Ces frais impactent directement la performance de votre épargne :
- Fonds en euros : 0,6% à 1,2% par an
- Unités de compte : 0,8% à 2% par an selon les supports
- Gestion pilotée : Frais supplémentaires de 0,5% à 1%
Autres frais à prévoir
Frais de tenue de compte : 30 à 60 € par an chez certains établissements.
Frais d’arbitrage : 0 à 1% pour changer la répartition de votre épargne.
Frais de sortie : Variables selon le mode de liquidation (capital ou rente).
Le palmarès 2025 des meilleurs PER
Selon l’étude comparative de Finances Héros portant sur 70 PER :
Courtiers en ligne leaders : Linxea et Placement Direct excellent grâce à leurs frais réduits et leur large gamme de supports.
Fintechs spécialisées : Yomoni, Nalo et Ramify se distinguent en gestion pilotée avec des ETF low-cost.
Mutualistes performants : MAIF et Amphitéa sortent du lot sur la performance du fonds en euros.
Le PER est-il imposable à l’IFI ?
Cette question concerne les contribuables soumis à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et détenant de l’immobilier dans leur PER.
La règle générale
Les actifs immobiliers contenus dans un PER ne sont pas imposables à l’IFI, tant que le PER reste « non rachetable ». C’est le principe posé par une réponse ministérielle de février 2023.
Le basculement lors du déblocage
Dès que votre PER devient « rachetable » (à partir de vos droits à la retraite), les actifs immobiliers doivent être pris en compte dans l’assiette de l’IFI.
Cette règle peut créer des situations complexes pour les gros patrimoines. Si vous détenez par exemple 500 000 € de SCPI dans votre PER, cette somme devient imposable à l’IFI dès que vous pouvez théoriquement racheter votre contrat.
Stratégies d’optimisation
Certains contribuables choisissent de :
Reporter le déblocage de leur PER au maximum pour préserver l’exonération IFI.
Privilégier les supports non-immobiliers dans leur PER s’ils sont concernés par l’IFI.
Anticiper cette bascule dans leur planification patrimoniale globale.
Les pièges à éviter absolument
Piège n°1 : La sur-optimisation fiscale
Ne jamais ouvrir un PER uniquement pour l’avantage fiscal. Comme le rappelle Hugo Bompard, il faut d’abord regarder la pertinence économique du placement.
Piège n°2 : La tranche des 30%
Cette tranche marginale d’imposition est très large (de 27 794 € à 78 570 € pour une part fiscale en 2024). Beaucoup y restent à la retraite, annulant l’intérêt fiscal du PER.
Piège n°3 : Le déblocage anticipé mal calculé
Récupérer une grosse somme peut vous faire changer de tranche d’imposition l’année du déblocage. L’économie fiscale espérée se transforme en surcoût.
Piège n°4 : Les frais cachés
Certains contrats affichent des frais attractifs mais cachent des coûts dans les supports d’investissement. Lisez toujours le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur).
Cet article présente une information générale. Chaque situation étant unique, n’hésitez pas à consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour un diagnostic personnalisé.




